Projet mille et unes nuits

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Projet mille et unes nuits

Message par Kadus le Lun 26 Juin - 1:29

Contes magiques d’Arabia

Medersa d’Al Sabah– x1305 du calendrier Saïdien]

Tous les élèves de la classe de Moussa Ibn Mahmoud, un kahini du Sultanat d’Al Nasr, étaient réunis pour la leçon du jour. Leur précepteur était sur le point de leur enseigner l’histoire d’Arabia. Tous les jeunes enfants appréciaient leur professeur, en effet ce dernier avait l’art de raconter les histoires. Il leur narrait d’accoutumé, les contes de Shéhérazade, qui chaque nuit, racontait une histoire au grand Calife Mostafa Al Saïd, afin de pouvoir vivre un jour de plus. Mais ce jour-là, il n’était pas question de fiction, mais bien de l’Histoire avec un grand H de la péninsule d’Arabia. Bien qu’il fallût avouer que nombre de passages furent nébuleux. Le brouhaha de la salle de classe fit lentement place au silence, à l’arrivée du kahini. Tous les regards se tournèrent en direction de l’homme à la sagesse de l’âge, et à la longue barbe grisonnante. Ce dernier se dirigea vers sa place attitrée d’un pas claudicant, et ce n’est qu’à la suite d’un long raclement de gorge, qu’il s’adressa à ses élèves avec sa bienveillance habituelle.

_ Que la paix et l’inspiration soient sur vous, mes enfants. Aujourd’hui comme vous le savez très bien, je vais vous raconter l’Histoire d’Arabia. Cette terre bénie des dieux a connu nombre d’évènements de grande importance. Et comme je vous l’ai enseigné : « Oublier son histoire, c’est comme être un ruisseau sans source, un arbre sans racines ». Nous pouvons commencer. Il était une fois...

Il était une fois, dans un lointain passé, la péninsule était plongée dans un chaos indescriptible, causé par une terrible guerre entre les tribus qui peuplaient Arabia. Jusqu’au beau jour où apparurent les cinq Prophètes, qui furent à l’origine de la fondation du Califat. Les cinq Sages avaient par leur enseignement, apporté la paix à notre terre sacrée, et mirent fin à l’anarchie causée par les nombreuses tribus barbares. On raconte que les sauveurs étaient immortels et qu’ils possédaient de très grands pouvoirs, semblables à des dieux. Néanmoins, ils refusèrent d’être traités comme tels. Ils étaient en fait, les messagers des Ilahs, qui vivaient dans le sublime Royaume des Cieux. Leur tâche sacrée, fut d’apporter la sagesse aux hommes, afin que ceux-ci puissent vivre en harmonie, comme le souhaitaient les dieux, qui étaient à l’origine de la création du monde et de la vie qui le peuplait. Ce fut ainsi qu’ils racontèrent la grande histoire de la création.

Au commencement n’existait qu’Al Ilhâm, la personnification même de l’inspiration. Cette grande masse de création donna naissance à Maâ la déesse des océans, et à Torab la divinité des continents. Bénis par Al Ilhâm, ils utilisèrent ce pouvoir conjointement afin de réciter le poème de la création. Ainsi, les eaux de Maâ fusionnèrent avec la terre de Torab et naquirent alors l’univers, les étoiles et les planètes. La puissance d’Al Ilhâm fit naître le temps et tout l’univers y fut soumis.  En l’honneur de la grande création, les deux divinités célébrèrent un mariage, et de cette union, naquirent les dieux. Alrahd, le sage et charismatique dieu de la foudre et des tempêtes, fût nommé roi des Ilahs. Il descendit avec sa cour du Royaume des Cieux, bâtissant la majestueuse cité de Samaouette, dans le cœur du monde, la péninsule d’Arabia.

Cette dernière était une terre, ô combien fertile ! Les forêts recouvraient les terres de Torab. La flore était quant à elle munie d’une diversité extraordinaire. Diverses races fabuleuses s’approprièrent Arabia. Les Dragons furent les premiers à s’agenouiller devant les Ilahs, des créatures impressionnantes aux pouvoirs extraordinaires. Ils furent suivis par les Djinns, des êtres étranges aux puissants pouvoirs. Les sages citèrent également les magnifiques Rukhs, les Sphinx, les Manticores et bien d’autres créatures se rallièrent aux dieux.  Toutes ces créatures se partagèrent le monde sous l’égide bienveillante des Ilahs.  Naquirent en dernier les humains. Durant plus d’un millénaire, les dieux vécurent en harmonie avec les diverses races qui peuplaient le monde. Mais la jalousie folle de Shaytan, qui était le dieu le plus béni d’Al Ilhâm, transforma Arabia en un gigantesque champ de bataille aride, entre les partisans démoniaques du maléfique Shaytan, et l’armée des Ilahs.  Cette guerre fratricide qui eut de nombreuses victimes, ne put se conclure que par le sacrifice des dragons qui permit aux dieux d’enfermer la majorité des monstres et leur maître dans un monde désolé appelé l’Enfer de Shaytan. Afin qu’une telle guerre ne puisse jamais se reproduire, Alrahd et sa cour quittèrent pour toujours Arabia, retournant auprès de Maâ et Torab dans le Royaume des Cieux. Seules les créatures mythiques, telles que les Djinns, qui vivaient, et vivent toujours pour la plupart dans le Royaume des Mirages, ainsi que le désert qui recouvrait la péninsule se rappelaient cette guerre.

Sous l’égide des Prophètes, les tribus s’unirent et bâtirent la grande cité d’Al Sabah, celle où nous nous trouvons actuellement. Les Cinq Sages abolirent le régime tribal, et instaurèrent le système des trois castes. D'honorables guerriers, ils firent les Sharifis. Des prêtres qui transmettraient leurs enseignements, aux futures générations, ils firent les Kahinis. Des industrieux artisans et paysans qui œuvraient pour que personne ne manque jamais de nourriture ou d'équipement, ils firent les Shaâbis. Les parias et les esclaves étaient des hors-castes. Le plus grand trésor confié par les Prophètes fut la magie. En effet, les sages enseignèrent aux hommes l’art de manier l’énergie qui est en soi, l’Ilhâm ou l’inspiration. Cette énergie permettait aux inspirés d’accomplir des miracles. Après avoir mis en place une société plus harmonieuse et avoir enseigné la magie, les messagers des Ilahs nommèrent d’un commun accord, Omar Ibn Khalil Al Saïd premier Grand Calife d’Arabia, l’homme à l’origine de la prestigieuse dynastie des Abba’Saïds.  Après cela, ils disparurent.

La dynastie des Califes Abba’Saïds régna sur Arabia pendant plusieurs siècles, gouvernant les citoyens sédentaires et les nomades. Au cours de son histoire, le

Califat connut un certain nombre de crises majeures, mais les descendants du grand Omar Al Saïd surent protéger la paix de la péninsule. Au sein de l’imposante cité d’Al Sabah, des temples religieux furent érigés afin d’entretenir la foi des Ilahs qui avaient autrefois protégé le monde des démons de Shaytan. Les dragons ne furent jamais oubliés de par leur sacrifice. Quant à la magie, elle était pratiquée par tous les citoyens du Califat, certains la pratiquaient à l’aide d’instruments de musiques, d’autres récitaient des poèmes magiques extraordinaires, et ainsi de suite. Cependant, les Kahinis étaient de loin les plus grands magiciens.  Mais à l’image du règne des dieux, la paix entretenue par la dynastie ne pouvait hélas ! durer éternellement.

En fait, il existait un grand nombre de dissensions religieuses et politiques au sein du peuple. Les habitants de l’Armala de Sashma pratiquant la foi de la Trinité Divine, formée par la déesse Sashma du soleil, Riyaf du vent ainsi qu'Akmar de la lune, souhaitaient reformer le régime tribal traditionnel. D’un autre côté, il y avait les Ilhâmis des Souhoubes de Riyaf, qui pratiquaient le culte monothéiste d’Al Ilhâm. Croyants qu’Alrahd et les autres Ilahs étaient en fait, une manifestation d’Al Ilhâm, le seul et unique dieu.   Ces dissensions intestines avaient empoisonné la vie dans le Califat, provoquant même des escarmouches entre les pratiquants des différentes fois. Néanmoins, les souverains eurent la poigne assez forte pour apaiser les divers conflits. Mais avec le sacre de Hamid Al Saïd, le climat de tension prit des proportions alarmantes.

Bien qu’étant l’ainé de la fratrie, et de ce fait, héritier du précédent Calife, Hamid Al Saïd ne fit jamais preuve d’ardeur pour les affaires politiques. Il s’intéressait plutôt à l’art, comme l’écriture de poèmes, ainsi que la pratique de la calligraphie. Sous le règne de son père, il eut la fonction de vizir chargé de promouvoir les arts, et sous sa direction, l’art s’était grandement développé. Mais en devenant Calife, son manque de charisme et de poigne provoqua la chute du Califat. Le souverain commença par accéder à la requête des fervents de la Trinité Divine, avec la réinstauration de système tribal. C’était le début de la fin. Les tribus de l’Armala de Sashma s’allièrent créant une puissante confédération. Les Tribus Ilhâmis s’unirent avec la volonté de faire valoir leur culte. Cette période connut un grand nombre d’assassinats menés par une société secrète mystérieuse. Des magiciens noirs formèrent le culte de Shaytan et des Djinns s’étaient associés à eux. Ce fut une sombre époque, où il était dangereux d’affirmer ses convictions. Et finalement, l’inévitable arriva. Une guerre civile déchira Arabia pendant plusieurs décennies. La confédération de la Trinité finit par fonder le Royaume de Nakheel dont la capital Palmyria fut bâti au cœur de l’Armala de Sashma. Les Ilhâmis fondèrent au nord de la péninsule, dans les Souhoubes de Riyaf, la république Ilhâmi, dirigés par un conseil.  Les loyalistes au Califat remirent à neuf la grande Al Sabah et formèrent sous l’autorité d’Ahmed Ibn Aziz Al Kader le Sultanat d’Al Nasr dans le Boustan d’Alrahd, au sud d’Arabia.  
 
Avec l’avènement des trois pouvoirs, la paix fut instaurée à Arabia. Une paix qui dura trois cents ans et qui dure encore aujourd’hui. Malgré quelques dissensions entre quelques

fanatiques, les relations entre les trois peuples sont heureusement sereines. Ce fut possible grâce aux accords commerciaux entre les différentes souverainetés.  Les magiciens qui formaient le culte de Shaytan furent tous exécutés, du moins c’est ce que l’on raconte. On pouvait dire que tout était rentré dans l’ordre. Et puis il y a une vingtaine d’années, une pluie d’étoiles intrigua les habitants, on murmure que les ilahs auraient béni de jeunes enfants de leur inspiration, et qu’ils deviendront les futurs héros de la péninsule. D’autres racontes que cette pluie était un avertissement qui serait de mauvais augure pour nous. Seul l’avenir nous le diras.
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